Liste d’attente…

serpent de merCi-dessous quelques extraits d’un article du Dr Marie-Claude Bossière paru dans le numéro 66 de la revue « Enfances et psy » (septembre 2015)

« Liste d’attente en CMP enfants :
danse avec un serpent de mer ».

« La question de la liste d’attente en CMP enfants revient comme un serpent de mer, évoquée puis disparue dans les profondeurs et l’obscurité du fonctionnement, et laisse l’impression qu’on n’arrivera jamais à l’attraper mais qu’il reviendra ».

Un éloge de la complexité

« La pensée unique voudrait qu’à un problème ne soit trouvée qu’une solution, et que tout cela ne soit qu’une question de comptabilité. Alors mettons en route notre pensée pédopsychiatrique, amoureuse de la complexité ! La pédopsychiatrie est cette si belle spécialité qui s’attache à résister à la pensée unique, ce qui en fait une des spécificités ! ».

De certaines conséquences institutionnelles de la liste d’attente

« Le masochisme médical peut y trouver une forme de satisfaction, dans la plainte et la douleur évidemment. Les médecins ne seraient plus reconnus selon leur mérite, on leur demanderait l’impossible. La cohésion d’équipe, indispensable au bon fonctionnement et à la capacité de penser ensemble, risque d’en être fragilisée. La mission de service public, importante pour toute équipe de CMP, n’étant plus assez bien assurée, le groupe se dévalorise, l’harmonie de la communauté soignante est attaquée et a besoin d’être restaurée. La bouc-émissiarisation est un phénomène très opérant dans ce contexte… ».

Où l’on sent du vécu : « Pas de ça chez nous » pourrions-nous traduire.

« La violence engendrée dans les groupes est souvent liée à la question de la différence. La tendance de tout groupe, de toute institution, y compris le couple, est de vouloir estomper les différences, de tenter de ramener tous ses membres dans un fonctionnement identique et indifférencié que rapidement plus personne n’a le pouvoir de contester. Chaque professionnel a pu entendre : « Ici, on ne pratique pas de cette manière », en réponse à de nouvelles suggestions ! »

Toute ressemblance avec des situations réelles existant ou ayant existé ne saurait être complètement fortuite.

« La seule possibilité d’éviter ou d’atténuer ces phénomènes est l’attention toute particulière à porter au groupe. Il s’agit de repérer et de respecter les différences : de statut, d’expérience, de désir, et de les valoriser. Les professionnels ont des différences irréductibles et ne seront jamais interchangeables, leur travail s’inscrit dans une singularité articulée avec celle des autres, c’est l’articulation et le lien qui structurent le groupe et l’empêchent de se décomposer. Une assistante sociale dans une équipe ? Non, elle ne fera un entretien ni médical ni psychologique ! Ça n’en fera pas un médecin, ni la « spécialiste » des premières demandes ! Mais quelle chance ! pouvoir avoir son point de vue dans une situation familiale complexe ! Une éducatrice intéressée par les écoles ? rien à voir avec une consultation psychologique mais un atout de pouvoir établir des relations de confiance avec certains enseignants ! Les autres éducatrices ne souhaitent pas faire ce travail ? Quelle importance si elles ont un grand intérêt pour les groupes, ou le jeu dramatique, ou tout autre compétence ou intérêt ! Respecter et valoriser les différences est fondamental dans une institution, pour éviter que le processus sacrificiel soit chargé de restaurer l’harmonie de la communauté ».

Ce n’est pas moi qui le dis… même si cela reflète assez bien ma façon de penser

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s