Un GPS pour la pédopsychiatrie

gpsQuoi de plus utile qu’un GPS (Global Positioning System) quand on se retrouve un peu perdu et qu’il faut bien malgré tout se diriger pour se rendre à la destination souhaitée. Mais je précise toutefois que j’ai détourné l’acronyme pour l’appliquer à la pédopsychiatrie et qu’il s’agira ici davantage d’un « Guide pour le Parcours de Soin ».

Nous savons que le « parcours de soin » constitue aujourd’hui un élément pivot pour l’organisation de la prise en charge de nos patients ; un guide en la matière peut donc nous être très utile et sans doute l’analogie avec le GPS que nous connaissons tous peut être intéressante.

Qu’il s’agisse d’une application sur nos smartphones ou d’un site consultable sur notre ordinateur en vue de planifier nos trajets, nous retrouvons des points communs.

A la base, il y a des cartes pouvant prendre différents aspects selon l’usage souhaité : carte routière pour les trajets en voiture, carte IGN pour des randonnées… Il est bon que ces cartes soient actualisées, ce qui peut éviter des déconvenues, lesquelles sont toujours possibles avec les GPS, il faut le savoir.

Pour un service de pédopsychiatre, la nécessité donc au départ est de disposer d’une cartographie : la sectorisation en place depuis des décennies attribue à chaque service un territoire déterminé, le Nord-Isère dans notre cas. Il conviendra d’y positionner nos unités de soins mais également les différents partenaires avec lesquels nous sommes amenés à collaborer.

Une propriété très appréciable des GPS et qui fait la différence avec les cartes traditionnelles en papier est constituée par la possibilité de zoomer, de changer d’échelle. Ainsi, il est possible de faire apparaître des détails sur notre destination, mais si nous voulons avoir une vue d’ensemble du trajet, surtout si celui-ci est long, il est loisible de faire un zoom arrière. D’une simple manœuvre, nous pouvons ainsi passer d’une vue détaillée d’un point du trajet à une vue globale et inversement.

Quelle rapport avec le parcours de soin me direz-vous ? J’y viens… Nous nous définissons comme des cliniciens, très attachés donc à ce que nous appelons « la clinique » ; nous avons à cœur de tenir compte de la singularité de chaque cas et cela est très bien ainsi ; il ne s’agit pas de le remettre en question. Mais le risque est, en se focalisant sur le cas particulier, sur le détail, de négliger une vue d’ensemble pourtant tout aussi importante quand il s’agit de penser l’organisation d’un service. Un zoom arrière revient dans notre cas à tenir compte de données statistiques… La singularité de chaque cas s’y trouve effacée, mais des enseignements précieux peuvent en être tirés. Encore une fois, il ne s’agit pas d’opposer l’approche clinique concernant chaque cas particulier et une approche épidémiologique concernant une population, mais de pouvoir passer de l’une à l’autre, selon les besoins.

La vue d’ensemble d’un trajet sur un GPS fait souvent apparaître différentes options possibles, selon les préférences que l’on peut avoir : aller au plus vite en empruntant l’autoroute ou flâner sur des routes secondaires. C’est également à prendre en considération dans notre discipline : il n’y a pas qu’un seul chemin possible et différentes voies s’offrent à nous.

Les GPS sont de plus en plus perfectionnés et affichent de nombreuses indications : à quelle distance se situe la prochaine intersection et quelle direction il conviendra de prendre, le nombre de kilomètres restant à parcourir, la vitesse, l’heure d’arrivée prévue… certains de ses paramètres peuvent changer en fonction des conditions de circulation… Le parcours pourra s’afficher en vert, orange ou rouge selon la fluidité du trafic… Il pourrait être très précieux de disposer de tels indicateurs à rassembler dans un tableau de bord pour chaque unité de soin afin d’avoir une vision en temps réel de leur fonctionnement et de celui du service dans son ensemble.

Rappelons enfin qu’il est toujours possible de ne pas suivre les injonctions de son GPS, voire de l’éteindre ; si certaines de nos prises en charge peuvent gagner à être protocolisées, les choix qui sont faits relativement au parcours de soin relèvent in fine de l’accord entre le professionnel d’un côté, l’enfant et ses parents de l’autre.

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