Autrement dit

21 leçons
Dans ma lettre ouverte du mois de juin 2018, je soulignais à quel point les changements rapides et profonds de notre société nous condamnaient à nous adapter. Condamner, ce terme curieusement a pu m’être reproché comme s’il équivalait à une sanction pénale prononcée par je ne sais quelle juridiction.

En écho de ce que j’écrivais alors, je vous livre de larges extraits du dernier livre de Yuval Noah HARARI, « 21 leçons pour le XXIe siècle ». Ils sont tirés d’un chapitre consacré à l’éducation.

Yuval Noah HARARI a écrit récemment plusieurs livres qui sont devenus des best sellers et en particulier « Sapiens – Une brève histoire de l’humanité » et « Homo deus – Une brève histoire du futur ». Il y développe des idées parfois très décapantes. Même s’il est possible de ne pas toutes les partager, l’immense succès qu’il rencontre atteste qu’il parvient assez bien à capter l’air du temps.

Avertissement : Certains passages peuvent heurter la sensibilité du lecteur (surtout parmi les plus âgés)

« La seule constante est le changement »

« L’humanité est confrontée à des révolutions sans précédent, tous nos vieux récits s’émiettent, et aucun nouveau récit n’est jusqu’ici apparu pour les remplacer. Comment nous préparer, nous et nos enfants, à ce monde de transformations inédites et d’incertitudes radicales ? »

« Plus généralement, les écoles devraient minimiser l’importance des compétences techniques pour privilégier les compétences générales nécessaires dans la vie courante. La plus importante de toutes sera la capacité d’affronter le changement, d’apprendre des choses nouvelles et de préserver notre équilibre mental dans des situations peu familières. Pour être à la hauteur du monde de 2050, il faudra non seulement inventer des idées et des produits, mais d’abord et avant tout se réinventer sans cesse.

En effet, avec l’accélération du changement, l’économie mais aussi le sens même de l’« être humain » sont susceptibles de se transformer ».

« Un tel changement en profondeur peut fort bien transformer la structure élémentaire de la vie et faire de la discontinuité son trait saillant. Depuis des temps immémoriaux, la vie se divisait en deux parties complémentaires : une période d’apprentissage, suivie d’une période de travail. Dans la première, vous aviez accumulé des informations, acquis des compétences, élaboré une vision du monde et construit une identité stable. (…). Dans la seconde partie, vous vous en remettiez à vos connaissances accumulées pour naviguer dans le monde, gagner votre vie et contribuer à la société. (…).

Au milieu du XXIe siècle, l’accélération du changement et l’allongement de la durée de vie rendront ce modèle traditionnel obsolète. La vie craquera aux entournures, il y aura de moins en moins de continuité entre les différentes périodes de l’existence. « Qui suis-je ? » sera une question plus urgente et compliquée que jamais.

Cela induira probablement des niveaux de stress considérables. Car le changement est presque toujours stressant. Passé un certain âge, la plupart des gens n’aiment pas changer. À quinze ans, votre vie entière est changement. Le corps grandit, l’esprit se développe, les relations s’approfondissent. Tout est en mouvement, tout est nouveau. Vous êtes occupé à vous inventer. La plupart des ados s’en effraient, mais c’est aussi excitant. De nouveaux horizons s’ouvrent à vous, vous avez tout un monde à conquérir.

À cinquante ans, vous n’avez pas envie de changement ; la plupart ont alors renoncé à conquérir le monde. (…) Vous préférez de beaucoup la stabilité. Vous avez tellement investi dans vos compétences, votre carrière, votre identité et votre vision du monde que vous n’avez aucune envie de tout recommencer. Plus vous avez travaillé dur pour construire quelque chose, plus il vous est difficile de le lâcher pour faire place à du nouveau. Vous pourriez encore apprécier les expériences nouvelles et les petits ajustements, mais à la cinquantaine la plupart des gens ne sont pas prêts à chambouler les structures profondes de leur identité et de leur personnalité.

Il y a des raisons neurologiques à cela. Bien que le cerveau adulte soit plus flexible et changeant qu’on ne le pensait autrefois, il reste moins malléable que celui d’un adolescent. Reconnecter les neurones et recâbler les synapses est une tâche sacrement difficile. Au XXIe siècle, cependant, on ne peut guère se permettre la stabilité. Si vous essayez de vous accrocher à une identité stable, un travail ou une vision du monde, vous risquez fort de vous retrouver en rade tandis que le monde continuera sa course folle. L’espérance de vie étant susceptible d’augmenter, vous pourriez passer des décennies dans un état de fossile paumé. Pour garder une pertinence – économique, mais aussi sociale -, un jeune de cinquante ans devra être capable d’apprendre et de se réinventer constamment ».

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