ANIPP – lancement officiel le 20/11/2018

ANIPP 20-11-2018Le choix de la date du 20 novembre pour le lancement de notre association ANIPP, Association Nord-Iséroise de PédoPsychiatrie, ne doit rien au hasard puisqu’en effet le 20 novembre correspond à la Journée internationale des droits de l’enfant.

Cette journée vient commémorer la signature en 1989 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont les articles énoncent un certain nombre de droits fondamentaux des enfants : droits à l’éducation, à la santé, à la protection pour ne citer que les principaux. 

Les préoccupations pour nos enfants ne doivent bien évidemment pas se limiter à cette seule journée. Malheureusement, il faut le reconnaître, faute de moyens suffisants, les institutions dédiées à l’enfance ont actuellement du mal à satisfaire cette exigence d’attention et de soins pour les enfants, que l’on considère les services de la protection de l’enfance, justice des mineurs et services sociaux, les établissements médico-sociaux pour l’accueil des handicapés, ou le secteur sanitaire avec les services de pédopsychiatrie. « Peut mieux faire » pourrait-on dire.

La prise en charge des enfants dans ces différents domaines représente une priorité car tout retard dans leur mise en œuvre aura un effet négatif sur leur développement psychoaffectif ; or, que ce soit pour le démarrage d’une mesure d’assistance éducative, pour l’admission dans un SESSAD1, un IME2 ou un ITEP3 ou encore pour l’obtention d’un rendez-vous avec un spécialiste dans un CMP4 , les délais sont souvent très longs. Devant les embûches qu’ils rencontrent, les parents parlent souvent d’un véritable « parcours du combattant ».

Notre association ne prétend pas résoudre l’ensemble de ces problèmes, mais elle a pour objectif à sa modeste échelle de défendre les intérêts de ces enfants parmi les plus fragiles en ce qu’ils présentent des difficultés psychologiques, voire des handicaps mentaux plus ou moins sévères ou de véritables pathologies psychiatriques. Ces enfants pourront bénéficier directement et indirectement des actions à venir de l’ANIPP.

Vous le savez sans doute, le budget des hôpitaux a ses limites… Il y a des contraintes fortes exercées par les tutelles pour un retour à l’équilibre financier des établissements de santé… les comptes ne doivent pas rester dans le rouge. Même si nos besoins sont relativement modestes, cela ne favorise pas la réalisation des projets de soins que nous pouvons imaginer pour les enfants suivis en pédopsychiatrie. Nous sommes obligés de nous tourner vers d’autres sources de financement. C’est dans ce contexte que notre association se propose de récolter des fonds auprès de généreux donateurs et être ainsi en mesure de financer un certain nombre de ce que nous appelons des médiations.

Comment les définir ?

Le meurtre du commandeur

Une courte citation de Haruki MURAKAMI tirée de son dernier roman, « Le Meurtre du Commandeur », permet d’en donner une illustration. Il s’agit d’un court extrait d’un dialogue entre le héros du roman, un peintre, et une jeune fille d’une douzaine d’années dont il sera amené à faire le portrait.

« – …pour mieux se comprendre, il faut aller chercher ailleurs, quelque part, quelque chose d’autre, en plus.
– Tu veux dire qu’on ne pourrait pas se comprendre soi-même avec exactitude sans introduire un élément autre, un élément tiers ? (…)
– c’est pour cela que nous avons besoin de la peinture. Ou bien du texte ou de la musique, de ce genre de pratiques ».

Ce « genre de pratiques », pour reprendre la formule de MURAKAMI, c’est ce qui correspond à nos médiations. Pour être plus concret, il peut s’agir d’activités artistiques (peinture, musique, expression théâtrale, photographie…), d’activités sportives (équitation, escalade, escrime japonaise…), d’un atelier cuisine, d’un groupe de parole, de sorties (visite de musée…). Ce sont de véritables outils thérapeutiques et non de simples occupations ou des activités de loisir comme on pourrait le croire.

La psychothérapie qui passe par la parole constitue une part importante de nos prises en charge, mais pas la seule. Par l’expérience nouvelle qu’elles leur offrent, les médiations aident nos jeunes patients à mieux se connaître, mieux se comprendre à travers un acte créateur, la mobilisation du corps, les émotions qu’elles peuvent mettre en jeu… Elles peuvent contribuer à restaurer la confiance en soi, une meilleure image de soi, toutes deux fréquemment altérées.

S’agissant d’activités de groupe, cette expérience partagée avec d’autres favorise les relations et vient rompre l’isolement que les difficultés psychologiques entraînent bien souvent. Les activités culturelles ou sportives constituent d’excellents moyens de mieux s’insérer socialement : à titre d’exemple, il y a eu deux expositions dans l’hôpital à partir des réalisations d’adolescents qui avaient participé à un atelier photo et à un atelier d’arts plastiques ; il y a eu également des représentations aux Abattoirs d’enfants d’hôpital de jour et d’adolescents qui avaient participé à des ateliers de musique assistée par ordinateur. Non seulement cela valorise les productions de ces enfants et adolescents, mais cela peut contribuer également à modifier le regard qui est porté sur eux. Les rencontres avec des personnes extérieures au service, artistes, animateurs sportifs ou autres sont des plus enrichissantes, d’un côté comme de l’autre.

Un autre objectif de notre association est de fournir des occasions d’échanges et de débats autour de tout ce qui touche à la pédopsychiatrie. Nous ne prétendons pas nous constituer en société savante, mais simplement favoriser des discussions entre professionnels, et aussi avec les familles ou toute personne intéressée par notre discipline. C’est un peu dans ce même état d’esprit que nous avons créé l’an dernier quelques temps après notre arrivée dans le service un blog, « Pédopsychiatrie Nord-Dauphiné ». Indirectement et à plusieurs niveaux, cela peut être utile aux enfants dont nous nous occupons.

La pédopsychiatrie est une discipline relativement récente, vieille tout au plus de quelques décennies, mais qui s’est considérablement enrichie et complexifiée au cours de ces dernières années : les connaissances scientifiques ont progressé, donnant lieu à de nouvelles approches, à côté des prises en charge psychothérapiques classiques. Un des enjeux pour les professionnels que nous sommes est d’actualiser nos connaissances, mais surtout de parvenir à intégrer ces nouvelles approches dans la pratique de nos équipes soignantes sans pour autant renier le savoir-faire et surtout les valeurs qui se sont transmises au travers des différentes générations de pédopsychiatres.

Avec le développement d’Internet, ces nouvelles connaissances peuvent être très facilement accessibles à qui s’en donne la peine, ce qui entraîne un changement non négligeable dans nos relations avec les familles. Le savoir est davantage partagé, il y a donc en principe matière à dialoguer, même si, il faut le reconnaître, il y a eu beaucoup d’incompréhensions, voire de nombreuses polémiques entre professionnels de la pédopsychiatrie et les familles, particulièrement autour de la question de la prise en charge de l’autisme.

Pour finir, il faut souligner que la pédopsychiatrie ne se pratique pas « hors sol » ; elle est fortement influencée par le terreau social sur lequel elle vient s’inscrire. Or la société évolue à un rythme très soutenu : citons entre autres des changements en profondeur au niveau de la structure familiale, le développement des nouvelles technologies avec l’omniprésence des écrans, des réseaux sociaux… Ceci ne va pas sans susciter de nombreux questionnements et les réponses à y apporter ne relèvent pas des seuls spécialistes.

Autant de raisons de favoriser, rencontres, échanges et débats…


1Service d’Éducation Spéciale et de Soins À Domicile

2Institut Médico-Éducatif

3Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique

4Centre Médico-Psychologique

La santé de l’Hôpital Psy

La psychiatrie est mise en avant cette année, reconnu par la ministre de la santé elle-art541832_1même, qui a rappelé que la psychiatrie avait été oubliée ces dernières décennies, elle serait de plus en plus acceptée par la population.

Depuis un nombre certain de mois, les témoignages de soignants, psychologues, médecins, se succèdent pour dénoncer les conditions d’accueil des patients et de travail du personnel hospitalier.

France Inter recueille les témoignages des soignants et malades de l’hôpital Pinel en Picardie, en grève depuis juin 2018 ainsi que l’hôpital Mondor de Paris.

https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-18-novembre-2018?fbclid=IwAR3sw8AlOrYamtSPbmU30zou5Gc0ygBuHnbZFDzlqDB40YoMvgmqg1dfKeo

Journée Cinéma et Psychiatrie

Cinéma et Psy 2018
Pour ceux qui ont la chance de pouvoir se libérer, un programme alléchant les 5 et 6 décembre 2018 au Centre hospitalier du Vinatier.

Ciné et Psy 2018 – Programme

« La journée thématique « Bienvenue chez les psy », comme le film qu’il paraphrase, va parler à la fois des gens et des lieux. Les « psy », soignants et soignés, fréquentent les mêmes lieux : certains, et ils sont nombreux, pour le temps d’un soin, d’autres pour leur travail, certains pour accompagner un proche, beaucoup pour se protéger et tenter de se rétablir ; tous pour essayer de maintenir ou de renouer les liens interhumains qui régissent notre existence ».

Pour votre inscription, merci de joindre un chèque à l’ordre du Trésor Public :
-Tarif normal : 30€ pour une journée ou de 50€ pour les deux jours
-Tarif réduit : 10
€ pour une journée ou de 15€ pour les deux jours : familles d’usager, étudiants, chômeurs et re-traités.
Entrée gratuite pour les personnels des CH Le Vinatier, Saint Jean de Dieu et Saint Cyr au Mont d’Or.
Entrée gratuite pour les usagers, inscription auprès de la maison des usagers de chacun de ces trois établissements
.
Inscription auprès de julie.guitard@ch-le-vinatier.fr
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(juste pour les amateurs de paraphrases et bien que ce n’est pas vraiment de rapport, je vous propose « Un indien dans l’asile »)

Les pleurs des papas et ceux d’une poubelle. Entendu aujourd’hui dans une rue tourangelle  — Journalisme et Santé Publique

Bonjour Une rue ligérienne. Plein soleil de novembre. La Nourrice, solide, tenant le haut du pavé. Bientôt midi. Les éboueurs ne sauraient tarder. De retour du marché, une poussette devant elle et trois bambin.e.s trottinant autour d’elle. « Oui, ben moi je sais que des bébés souvent ça fait que pleurer… -Oui ben moi je sais […]

via Les pleurs des papas et ceux d’une poubelle. Entendu aujourd’hui dans une rue tourangelle  — Journalisme et Santé Publique

Une aide psychologique contre le harcèlement scolaire

bloc_marque_telephone_horairesLe jeudi 8 novembre était consacré à la journée contre le harcèlement scolaire. A cette occasion, France Inter propose des conseils d’une psychologue pour faire face à cette difficulté.

https://www.franceinter.fr/societe/plus-un-enfant-reflechit-moins-il-est-agressif?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR2nxG8NiUMoVBhrmTAgzS663YtO-SYqDQHJ8EZgE3D_JUiojl2tQA1xFCE#Echobox=1541697067

Affiche harcèlement

L’illusion budgétaire

indexTant de promesses faites pour ce projet de loi budgétaire pour 2019, cependant les effets tardent à se concrétiser.

Un article de MEDIAPART relève la situation actuelle et les premiers éléments d’urgence pour la survie de la pédopsychiatrie en France.

https://blogs.mediapart.fr/bernard-golse/blog/051118/une-rentree-noire-pour-la-pedopsychiatrie?utm_source=facebook&fbclid=IwAR1-ShZo3cuUT79uWgadgfGKH6iN9XbXiSsbbadOzdnw-qgD5agFenKS804