De l’enfant roi à l’enfant tyran

Revue de presseUn article du Monde « Face aux enfants tyrans, des parents en détresse se forment à la non violence » met un coup de projecteur sur une réalité de plus en plus palpable, celle de parents soumis à la tyrannie de leur enfant et sur une initiative originale de la part de collègues pédopsychiatres du CHU de Montpellier : « Au CHU de Montpellier, un programme inspiré de Gandhi aide pères et mères à désamorcer les comportements agressifs de leur enfant ».

Ceux d’entre nous qui exercent au sein d’un hôpital peuvent en témoigner. Combien d’admission aux urgences chez des adolescents, voire de beaucoup plus jeunes enfants pour des accès de violence, des « crises clastiques » (un terme très tendance) suite à une frustration parfois minime !

« Il (ou elle, les garçons n’ayant pas le monopole des passages à l’acte violents)

  • a dévasté sa chambre…
  • nous a frappé…
  • nous a menacé avec un couteau…
  • … »

(rayer les mentions inutiles)

Ces troubles ne s’inscrivent pas systématiquement dans un cadre nosographique précis et ne surviennent pas obligatoirement dans des milieux défavorisés ni dans un contexte de négligence affective et de carence éducative. Points communs, l’intolérance à la frustration, l’impulsivité, l’aversion au délai… et des parents qui se retrouvent fort démunis, n’ayant souvent d’autre recours que d’appeler les pompiers, la police ou les gendarmes, ce qui ne désamorce pas forcément la violence de ces jeunes… J’ai le souvenir d’une jeune fille adressée au service des Urgences de l’hôpital de Villefranche sur Saône qui avait « dévasté » le bureau d’un gendarme alors qu’elle se trouvait en garde à vue… c’est dire si rien ne peut arrêter certains d’entre eux !

Quant aux professionnels de la santé que nous sommes, nous pouvons certes répondre à l’urgence avec des traitements, voire des mesures d’isolement ou de contention, mais il ne s’agit que d’une réponse immédiate, temporaire et qui ne résout en rien le problème de fond…

Enfants et numérique

Il convient à tous que les écrans ont pour nature de détériorer les relations entre l’enfant et son entourage. Cependant, ces écrans étant rentrés dans les maisons que depuis une petite dizaine d’années, nous pouvons nous poser la question de ses effets sur le cerveau des enfants.

Pour tenter d’y répondre, une émission de France Inter à écouter ou réécouter.

https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-31-octobre-2018

sevrage-ecrans

Le développement de l’adolescent dans sa construction identitaire

Une conférence organisée par la Maison des adolescents le 23/11/2018 à la Maison des association 6 rue Berthe de Boissieux à Grenoble

Conférence Maison des ados 23-11-2018

ARGUMENT
« L’adolescence est la période entre l’enfance et l’âge adulte, une période de transition de plus en plus longue, significative en termes de changements sur les plans biologique, neurobiologique, cognitif, social et psychique (Cannard, 2015).
C’est un temps d’expérimentations et de rencontres, donnant des opportunités au jeune de développer son identité (Arnett, 2000; Erikson, 1968).
L’adolescence est une phase de construction identitaire, une période où l’individu doit élaborer ses premiers choix, s’engager et peut être reconsidérer ces engagements.
C’est pourquoi c’est aussi le temps des incertitudes et des doutes mais aussi une période d’émergence des troubles psychologiques (anxiété, dépression, faible estime de soi …). Sous l’influence de la famille, de l’école, des pairs et des amis, et selon le contexte dans lequel il se trouve, l’ado ne sait plus qui il est, ce qu’il est et ce qu’il vaut.
Face à tous les changements pubertaires, face aux exigences de la culture adolescente, face aux injonctions des différents groupes sociaux (famille, école, pairs), il est normal de se poser ces questions, mais certains sont très vulnérables et ont des difficultés pour grandir et avancer vers l’autonomie.
Le soi en construction est particulièrement mis à rude épreuve aujourd’hui dans la société de l’image et le diktat de la performance et de l’évaluation. L’adolescent peut rester bloqué dans des pensées répétitives focalisées sur sa personne et les difficultés qu’il « pourrait » rencontrer, ou encore fuir dans de nouvelles dépendances pour éviter de trop penser (alcool, drogue, jeux vidéo, réseaux sociaux). Des ruminations qui, selon leur mode, peuvent rendre les tentatives d’exploration inadaptées et les potentialités d’engagements avortées.
Deci & Ryan (synthèse dans l’article français de 2008) depuis de nombreuses années, définissent ce qu’un environnement dit bienveillant peut apporter pour le développement harmonieux de l’adolescent, afin de favoriser son autodétermination dans les études et dans les domaines qui comptent pour la construction du soi.
Un tel environnement doit satisfaire trois besoins psychologiques fondamentaux, à savoir le besoin d’affiliation, le besoin d’autonomie et le besoin de compétence.
L’objectif de la conférence-débat est de faire connaître le développement de l’adolescent et ses enjeux identitaires pour mieux comprendre ses questionnements et ses comportements, avec ou sans provocation, afin de mieux l’accompagner dans sa quête d’autonomie et de favoriser son bien-être ».