C’est pour de rire

Urgence choisie

Un grand merci à la jeune troupe de l’Atelier théâtre du collège Clemenceau (Lyon 7e), à Mme BOCCON GIBOD Amandine, enseignante et Mme TARDY Audrey, comédienne, pour le moment très agréable que nous avons pu partager ensemble lors de la représentation de la pièce  « Urgence choisie » donnée le 14 décembre au Centre hospitalier Pierre Oudot de Bourgoin Jallieu.

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à cette représentation, nous pouvons en résumer l’histoire. Du fait de la saturation des services des urgences, une nouvelle réforme a été mise en place : l’accès au soin se fait par tirage au sort, en fonction du dernier chiffre du numéro de la sécurité sociale « Aujourd’hui, seuls les patients dont le numéro de sécurité sociale se termine par un 7 pourront voir le docteur ». Un chœur de secrétaires emperruquées en orange est là pour rappeler les règles établies, y compris auprès du médecin qui voudrait parfois y déroger, en tenant compte  de la gravité des troubles que présentent les patients. On voit sur la photo ce médecin au bord du burn-out en train d’être réconfortée.

Arriva ce qui devait arriver, un patient récalcitrant se rebelle et en vient à poignarder une des secrétaires (le PC sécurité n’a visiblement pas eu le temps d’intervenir). Manque de chance pour cette secrétaire, son numéro de sécurité sociale se termine par 9… On devine la suite.

Saturation des services de soins hospitaliers et tout particulièrement des urgences, épuisement des soignants, mécontentement des patients pouvant parfois s’exprimer par des comportements violents, organisation bureaucratique et déshumanisation de l’hôpital… la critique est sévère, mais elle est malheureusement le reflet d’une certaine réalité.

Comme j’ai pu le mentionner dans un court propos à l’issue (tragique) de cette pièce, sans en arriver à cette extrémité d’un tirage au sort dans le cadre de nos CMP (Centre médico-psychologique), lesquels sont  quelque peu saturés de demandes, nous sommes nous aussi amenés à faire des choix, à déterminer des priorités avec la part de subjectivité que cela comporte et avec certainement des frustrations que cela peut générer auprès des familles qui se trouvent reléguées dans les derniers rangs de notre liste d’attente…

Je soulignais pour finir les vertus du rire, un excellent vecteur pour faire valoir ses idées, ses critiques… En ces temps de très grandes tensions au plan social il est vivement conseillé d’en faire un usage le plus large possible.

Je vous recommande sur ce thème Le billet de François MOREL du 14/12/2018 : il y préconise l’usage des gaz hilarants pour la répression des manifestations à la place des gaz lacrymogènes. Du rire aux larmes ou des larmes au rire, à vous de choisir.

Etat d’urgence

Urgence choisie
Et si les urgences médicales étaient organisées comme une immense loterie, où la chance déterminerait qui peut être pris en charge ? Un scénario de Sylvain Kodama à la fois inquiétant et plein d’humour, qui sera joué le 14 décembre par les élèves de l’atelier théâtre du collège Clémenceau de Lyon dans les locaux du CHPO.

Le 14 décembre, de 15h00 à 15h40, en salle Médipôle, le CHPO accueille 14 élèves du collège Clémenceau de Lyon pour une représentation théâtrale. « Urgence choisie » est la pièce sélectionnée par les collégiens de 5ème et 4ème, après plusieurs propositions et échanges avec leur professeur.

« Leur seule exigence était le rire » explique Véronique Minday, principale du collège Clémenceau. « La pièce de Sylvain Kodama fut choisie avec beaucoup d’enthousiasme de la part de tous. Les élèves ont mis plus de 4 mois à l’apprendre mais ce fut un réel moment de partage et de plaisir. »

Le pitch : « Et si les urgences médicales étaient organisées comme une immense loterie, où la chance déterminerait qui peut être pris en charge ? Aujourd’hui, le docteur ne peut soigner que les patients dont le numéro de sécurité sociale se termine par un 7 ! Ira-t-on jusqu’au bout de cette logique qui s’en remet au hasard ? ».

Un événement culturel GHND gratuit et ouvert à tout public, agents, patients, visiteurs.

Journée Cinéma et Psychiatrie

Cinéma et Psy 2018
Pour ceux qui ont la chance de pouvoir se libérer, un programme alléchant les 5 et 6 décembre 2018 au Centre hospitalier du Vinatier.

Ciné et Psy 2018 – Programme

« La journée thématique « Bienvenue chez les psy », comme le film qu’il paraphrase, va parler à la fois des gens et des lieux. Les « psy », soignants et soignés, fréquentent les mêmes lieux : certains, et ils sont nombreux, pour le temps d’un soin, d’autres pour leur travail, certains pour accompagner un proche, beaucoup pour se protéger et tenter de se rétablir ; tous pour essayer de maintenir ou de renouer les liens interhumains qui régissent notre existence ».

Pour votre inscription, merci de joindre un chèque à l’ordre du Trésor Public :
-Tarif normal : 30€ pour une journée ou de 50€ pour les deux jours
-Tarif réduit : 10
€ pour une journée ou de 15€ pour les deux jours : familles d’usager, étudiants, chômeurs et re-traités.
Entrée gratuite pour les personnels des CH Le Vinatier, Saint Jean de Dieu et Saint Cyr au Mont d’Or.
Entrée gratuite pour les usagers, inscription auprès de la maison des usagers de chacun de ces trois établissements
.
Inscription auprès de julie.guitard@ch-le-vinatier.fr
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(juste pour les amateurs de paraphrases et bien que ce n’ait pas vraiment de rapport, je vous propose « Un indien dans l’asile »)

«De chaque instant»

De_chaque_instant

Bonjour C’est une dépêche éclairante de l’Agence France Presse (24/08/2018 07:40:22 – Paris AFP – © 2018 AFP). Une dépêche réconfortante dans un univers où les dépêches, sur le fil, ne le sont guère. Le sujet : la sortie en salle, le 29 août du film du documentariste Nicolas Philibert : « De chaque instant » (Les Films du Losange). Avec Les formatrices, formateurs, étudiantes et […]

via «De chaque instant» : l’AFP rend hommage à un film qui rend hommage aux soignants — Journalisme et Santé Publique (Le blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine)

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Un film documentaire lui plus directement en lien avec notre profession sur la formation des infirmières (et infirmiers aussi) qui doit sortir sur les écrans le 29/08/2018 :

« Chaque année, elles sont des dizaines de milliers à se lancer dans les études qui leur permettront de devenir infirmières. Admises au sein d’un « Institut de Formation en Soins Infirmiers », elles vont partager leur temps entre cours théoriques, exercices pratiques et stages sur le terrain. Un parcours intense et difficile, au cours duquel elles devront acquérir un grand nombre de connaissances, maîtriser de nombreux gestes techniques et se préparer à endosser de lourdes responsabilités.
Ce film retrace les hauts et les bas d’un apprentissage qui va les confronter très tôt, souvent très jeunes, à la fragilité humaine, à la souffrance, la maladie, et aux fêlures des âmes et des corps ».

Article de Télérama

BlacKkKlansman

BlacKKKlansMan
Le lien avec notre discipline paraîtra sans doute un peu forcé, mais j’avais cependant envie de recommander ce film qui vient de sortir sur nos écrans, après avoir été présenté au dernier festival de Cannes, avec cinq nominations et le grand prix qui lui a été décerné.

 

« Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions ».

Il s’agit d’une comédie qui traite du racisme aux États-Unis à une époque qui peut sembler un peu lointaine, mais dont l’actualité est évidente. Une comédie pour aborder un sujet grave, il faut oser, mais le pari est réussi et l’humour qui jalonne l’ensemble du film est un excellent vecteur du message que veut faire passer Spike Lee, le réalisateur.

En tant que spécialistes du psychisme, nous sommes bien sûr concernés pour tenter de démonter les mécanismes psychologiques qui conduisent au racisme et à la haine de l’autre, même si ce phénomène ne peut se réduire à cette dimension.

Les replis identitaires, la non acceptation de l’altérité et de la différence ne sont pas l’apanage de l’Amérique du Nord et s’observent au plus près de chez nous. Il est vraisemblable que certains des enfants et adolescents que nous prenons en charge en sont victimes dans leur environnement social (quartier, établissement scolaire…). Quelle intervention possible à notre niveau pour les aider ?

Des propos qui peut-être pourront être taxés par certains de « bien-pensance » ou de « politiquement corrects », mais le contexte social est tel qu’un minimum de vigilance est de mise – une des principales leçons à retenir de ce film.