De l’enfant roi à l’enfant tyran

Revue de presseUn article du Monde « Face aux enfants tyrans, des parents en détresse se forment à la non violence » met un coup de projecteur sur une réalité de plus en plus palpable, celle de parents soumis à la tyrannie de leur enfant et sur une initiative originale de la part de collègues pédopsychiatres du CHU de Montpellier : « Au CHU de Montpellier, un programme inspiré de Gandhi aide pères et mères à désamorcer les comportements agressifs de leur enfant ».

Ceux d’entre nous qui exercent au sein d’un hôpital peuvent en témoigner. Combien d’admission aux urgences chez des adolescents, voire de beaucoup plus jeunes enfants pour des accès de violence, des « crises clastiques » (un terme très tendance) suite à une frustration parfois minime !

« Il (ou elle, les garçons n’ayant pas le monopole des passages à l’acte violents)

  • a dévasté sa chambre…
  • nous a frappé…
  • nous a menacé avec un couteau…
  • … »

(rayer les mentions inutiles)

Ces troubles ne s’inscrivent pas systématiquement dans un cadre nosographique précis et ne surviennent pas obligatoirement dans des milieux défavorisés ni dans un contexte de négligence affective et de carence éducative. Points communs, l’intolérance à la frustration, l’impulsivité, l’aversion au délai… et des parents qui se retrouvent fort démunis, n’ayant souvent d’autre recours que d’appeler les pompiers, la police ou les gendarmes, ce qui ne désamorce pas forcément la violence de ces jeunes… J’ai le souvenir d’une jeune fille adressée au service des Urgences de l’hôpital de Villefranche sur Saône qui avait « dévasté » le bureau d’un gendarme alors qu’elle se trouvait en garde à vue… c’est dire si rien ne peut arrêter certains d’entre eux !

Quant aux professionnels de la santé que nous sommes, nous pouvons certes répondre à l’urgence avec des traitements, voire des mesures d’isolement ou de contention, mais il ne s’agit que d’une réponse immédiate, temporaire et qui ne résout en rien le problème de fond…

Interdiction de la fessée

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L’Assemblée nationale relance le débat sur l’interdiction de la fessée (Le Monde)

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture un texte de loi hier jeudi 29 novembre pour interdire officiellement la fessée ainsi que toutes les violences éducatives (France Info)

Donner une fessée,  est-ce être un mauvais parents ? Interview sur France culture de Catherine Jousselme, professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à Paris Sud.

A consulter Violences Éducatives Ordinaires sur le site de la Fondation pour l’Enfance et le site de l’OVEO (observatoire de la violence éducative ordinaire)

« La violence éducative ordinaire se rapporte à l’usage de la violence physique ou morale qui est ordinairement subie par les enfants, de la part de leurs parents et/ou d’autres personnes significatives dans l’éducation de l’enfant, dans le but de « corriger » un comportement perçu comme étant indésirable »

A voir également sur le sujet le site du Défenseur des Droits

Le sujet fait débat… A l’heure où la question de la violence, ordinaire ou pas, se pose avec une certaine acuité dans notre société, il peut être utile de se pencher sur cette question des Violences éducatives ordinaires, indépendamment des cas de maltraitance avérée sur lesquels nous sommes en principe sensibilisés.

Revue de presse du 20/11/2018

Revue de presse
Le Dauphiné libéré dans son édition du 20/11/2018 et à l’occasion du lancement officiel de l’association ANIPP nous a fait l’honneur d’un article à découvrir ci-dessous.

L’intitulé, « La pédopsychiatrie en souffrance »,  est le reflet d’une situation partagée par de nombreux services comme le nôtre, mais il ne doit cependant pas nous faire sombrer dans le désespoir. Au contraire, le message que nous aimerions faire passer est que, dans un contexte socio-économique défavorable, nous devons faire preuve d’encore plus de dynamisme et de créativité dans l’exercice de notre métier.

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La santé de l’Hôpital Psy

La psychiatrie est mise en avant cette année, reconnu par la ministre de la santé elle-art541832_1même, qui a rappelé que la psychiatrie avait été oubliée ces dernières décennies, elle serait de plus en plus acceptée par la population.

Depuis un nombre certain de mois, les témoignages de soignants, psychologues, médecins, se succèdent pour dénoncer les conditions d’accueil des patients et de travail du personnel hospitalier.

France Inter recueille les témoignages des soignants et malades de l’hôpital Pinel en Picardie, en grève depuis juin 2018 ainsi que l’hôpital Mondor de Paris.

https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-18-novembre-2018?fbclid=IwAR3sw8AlOrYamtSPbmU30zou5Gc0ygBuHnbZFDzlqDB40YoMvgmqg1dfKeo

Harcèlement scolaire

harcelement
Aujourd’hui, jeudi 8 novembre, est la Journée nationale contre le harcèlement scolaire. Il s’agit de la quatrième édition, la première ayant été instituée en 2015 par Mme Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’éducation nationale.

Inutile d’insister sur la fréquence et les conséquences parfois dramatiques de ce phénomène, amplifiées par le mésusage qui peut être fait des réseaux sociaux par les adolescents. Les soignants des équipes de pédopsychiatrie peuvent en témoigner. En parler, seule issue… mais souvent difficilement praticable par les enfants et jeunes qui en sont victimes.

Deux liens pour approfondir notre réflexion sur cette thématique :

Justice des mineurs

justice

Nous pouvons déplorer à juste titre le manque de réactivité dans les réponses aux demandes adressées à nos centres médico-psychologiques, mais, ce n’est pas seulement dans le domaine de la pédopsychiatrie que des carences liées à un manque de moyens existent. La justice des mineurs et la protection de l’enfance dans son ensemble en constituent d’autres exemples.

Une tribune des Juge des enfants du TGI de Bobigny parue le 05/11/2018 dans le Journal Le Monde vient en témoigner. A lire également sur le sujet  un article du même quotidien.

Vous pouvez retrouver la Tribune des Juges pour enfants sur le site de France Inter et sur le même sujet,  écouter une chronique sur France Culture.

Les temps sont durs pour nos enfants ! Puisse ce cri d’alarme être entendu…