Autisme et politique : Sophie Cluzel regrette-t-elle vraiment d’avoir insulté les psychiatres ? — Journalisme et Santé Publique

Bonjour ? Sophie Cluzel, 58 ans, est depuis près de deux ans, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées. Le 1er avril, sur les ondes de RMC elle déclenchait une violente polémique en succombant avec délice à l’invite « anti-psy » de Jean-Jacques Bourdin. C’était le début d’une affaire sans précédent connu, affaire qui est loin d’être terminée. Dix jours plus tard, […]

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Une histoire sans fin, vous disais-je…

 

Le grand débat

« Le grand débatlegranddebatsante.fr offrira pendant tout le mois de mars la possibilité à chacun de venir voter sur des propositions, d’argumenter ses réponses, et de déposer de nouvelles propositions qui sont immédiatement mises au vote des participants. L’Hôpital fait partie des premières préoccupations des Français dans tous les sondages où il est cité.

Chaque citoyen peut s’exprimer sur 4 grands thèmes – l’offre de soins, l’attractivité pour les personnels, le financement, et les spécialités exposées – mais également déposer des contributions sur n’importe quel thème de santé, grâce à une Boîte à Idées ».

Encore une occasion à saisir pour s’exprimer sur les sujets qui nous concernent au plus au point.

Projet Territorial de Santé Mentale de l’Isère

MRSILes Projets Territoriaux en Santé Mentale (PTSM) sur le territoire national ont pour objectif l’amélioration concrète des parcours en santé mentale.

La Maison des Réseaux de Santé Isère (MRSI) a été désignée comme coordinatrice du projet.

Dans un communiqué récent, la MRSI annonce le lancement de ce Projet Territorial de Santé Mentale de l’Isère

PTSM

Une bonne occasion de promouvoir notre projet de service, n’est-il pas ?

 

La psychiatrie, encore et encore…

Agnès BUZYN12/02/2019 : Agnès Buzyn était l’invitée de France Inter ce matin, à l’occasion de la présentation du Plan santé qui doit être faite demain en Conseil des ministres.

Interpellée par une infirmière sur la situation de la psychiatrie, elle répond :

 

Je crains de m’exposer une fois de plus à la critique de me faire le porte-parole de notre ministre, mais ce qu’elle nous dit mérite que l’on y prête attention… Ceci étant, la prise de parole de l’infirmière est tout aussi digne d’intérêt, car malheureusement, la situation de la psychiatrie qu’elle décrit correspond bien à la réalité.

Le nerf de la guerre

indexLa réforme du financement des hôpitaux est à l’ordre du jour. Pour rappel les hôpitaux MCO (médecine – chirurgie – obstétrique) sont financés à l’activité (T2A) tandis que les hôpitaux psychiatriques  sont financés par une dotation globale. Les deux systèmes présentent des inconvénients qu’il apparaît nécessaire de corriger.

Le risque de la T2A est de conduire à une surconsommation d’actes médicaux dans la mesure où plus d’actes = plus de financement pour l’établissement hospitalier, ce qui n’est guère favorable à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale.

Le risque de la dotation globale pour la psychiatrie est d’une part de pérenniser des inégalités territoriales et d’autre part de décourager les innovations, de constituer un obstacle à un certain dynamisme.

Voici de larges extraits d’une présentation par le ministère des projets de réforme de financement pour ce qui concerne la psychiatrie : « Ainsi, la psychiatrie bénéficiera d’un mode de financement combiné qui associera plusieurs modalités principales ».

« UN COMPARTIMENT POPULATIONNEL

Les régions recevront un financement fondé sur leur population. Deux autres critères seront également pris en compte : la précarité, dont on connait le lien avec les affections psychiatriques, et la part des mineurs car la prise en charge des enfants mobilise des moyens plus importants. Ce financement régional sera redistribué aux établissements par les agences régionales de santé, selon des critères transparents et qui seront discutés avec les acteurs ».

Sans doute ce volet est-il destiné à réduire les inégalités territoriales. « Réduire les inégalités entre les régions pour améliorer l’accès aux soins et réduire les délais d’attente des patients » est en effet un des objectifs affichés dans ce document.

Retenons la prise en compte des mineurs avec la reconnaissance du fait que leur prise en charge requiert des moyens plus importants. La ministre a déjà à plusieurs reprises souligné l’attention particulière qu’elle accorde à la pédopsychiatrie.

« UN COMPARTIMENT POUR LE DÉVELOPPEMENT D’ACTIVITÉS NOUVELLES

Les régions auront la possibilité, chaque année, de proposer le développement de nouvelles activités en lien avec les plans régionaux de santé et les orientations des instances nationales ».

Un souci bienvenu de redynamisation de notre secteur d’activité. Soulignons le lien nécessaire avec « les orientations des instances nationales« .

« UN COMPARTIMENT À LA QUALITÉ

Ce financement sera directement alloué aux établissements sur la base d’indicateurs élaborés avec les professionnels. De premiers indicateurs seront recueillis en 2020, sans toutefois donner lieu à rémunération ».

En lien avec la remarque ci-dessus, il est facile d’imaginer ce que recouvre pour le ministère le terme de « qualité » et ce à quoi pourraient ressembler des « indicateurs » ; en clair, il serait très certainement préjudiciable de s’obstiner à faire abstraction des recommandations venues de la Haute Autorité à la Santé… et que je sache, pouvoir les intégrer dans notre pratique ne revient pas à livrer notre âme au diable.

« UN COMPARTIMENT POUR FAVORISER LA RÉACTIVITÉ

Comme la précédente, cette modalité sera versée directement aux établissements au regard de leur capacité à prendre en charge des patients. Une distinction sera opérée suivant la lourdeur des soins nécessaires afin de garantir la prise en charge de l’ensemble des patients, y compris les plus lourds ».

Réactivité, le mot clé… Bien sûr, il en va de l’intérêt de nos patients, avant tout, mais cela pourrait également devenir celui des professionnels au travers du financement des services de psychiatrie. Pourquoi pas ? Un sacré défi à relever en tout cas…

 

Le gouvernement présente sa feuille de route pour la protection de l’enfance

confiance-mediasLe gouvernement présente sa feuille de route pour la protection de l’enfance
https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/28/le-gouvernement-presente-sa-feuille-de-route-pour-la-protection-de-l-enfance_5415882_3224.html
via Le Monde

Un sujet qui est à l’honneur ces derniers jours et qui nous touche de près… sujet que nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer entre autre ici Protection de l’enfance : urgence ! et là Familles d’accueil – La pénurie

Reportage sur la psychiatrie en France

Revue de presseArticle écrit par Marine Tesse dans le sillage de la journée du mardi 22/01/2019 organisée par le collectif hôpital Pinel en lutte. Vous y trouverez de nombreux témoignages et différents liens qui font état du malaise actuel dans notre discipline.

J’en reprends un en particulier qui renvoie au discours d’Agnès BUZYN au Congrès de l’Encéphale, lequel se veut une réponse à l’insatisfaction et à la colère qui remontent des territoires, aussi bien de la part des professionnels que des usagers et familles d’usagers.

Je vous en cite un extrait dont le contenu recoupe très largement me semble-t-il les préoccupations qui sont les nôtres sur le terrain :

« Avec son organisation en secteurs, la psychiatrie française a été précurseur de la territorialisation des soins et de la responsabilité populationnelle.

Elle doit aujourd’hui mettre en place une politique ambitieuse de prévention, lutter contre la stigmatisation et garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre accessible, diversifiée et de qualité.

Je souhaite donc lancer, dès cette année, une mission sur les Centres Médico-Psychologiques pour valoriser et conforter leur place. Les formes de cette mission seront arrêtées très prochainement. Je souhaite également soutenir l’ensemble des démarches qui seront de nature à consolider le rôle du médecin généraliste, des professionnels de santé de proximité et leur collaboration avec l’hôpital.

Ces travaux devront aussi permettre, avec les contributions attendues en 2019 sur les parcours des patients, enfants et adultes, de renforcer et de rénover la place de l’ambulatoire dans ces parcours.

Ce n’est qu’à ces conditions que nous pourrons aborder la question des délais d’accès aux professionnels des secteurs de la psychiatrie, non pas parce que nous serions condamnés à accepter le poids excessif des indicateurs, mais parce que la qualité d’une organisation peut être éclairée par l’évolution dans le temps de cet indicateur ».