«Le profil psychiatrique de la femme incendiaire et alcoolisée commence à se dessiner» — Journalisme et Santé Publique

Bonjour L’essentiel du cadre de la tragédie de l’incendie de Paris (10 morts, 33 blessés) est connu. Reste à compléter les cases, à remonter les fils, à tenter de comprendre les failles, les fautes, tout ce qui aurait permis de réduire les risques. Les médias généralistes s’y emploient. Et, chose remarquable, avec une pédagogie qui […]

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« Où l’on saisit, une nouvelle fois, que le politique est presque toujours consubstantiel au psychiatrique – et très souvent au tragique ».

Le gouvernement présente sa feuille de route pour la protection de l’enfance

confiance-mediasLe gouvernement présente sa feuille de route pour la protection de l’enfance
https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/28/le-gouvernement-presente-sa-feuille-de-route-pour-la-protection-de-l-enfance_5415882_3224.html
via Le Monde

Un sujet qui est à l’honneur ces derniers jours et qui nous touche de près… sujet que nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer entre autre ici Protection de l’enfance : urgence ! et là Familles d’accueil – La pénurie

Nouvelles déclarations de la ministre de la santé concernant la psychiatrie

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Un article du Monde du 24/01/2019 :

« Psychiatrie : Agnès Buzyn promet 40 millions d’euros pour financer son plan »

« Quarante millions d’euros seront mobilisés cette année pour financer les mesures dévoilées en juin par le gouvernement pour la psychiatrie et la santé mentale, a annoncé, jeudi 24 janvier, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, aux professionnels du secteur réunis à Paris »

La pédopsychiatrie est nommément citée… On croise les doigts !

« La ministre a par ailleurs annoncé « le renforcement de la filière de pédopsychiatrie par la création de dix nouveaux postes de chefs de clinique », l’augmentation du nombre de « lits et de places (…) en priorité dans les départements où elles s’avèrent faibles ou inexistantes », et la nomination de six praticiens hospitalo-universitaires titulaires, portant le nombre d’universitaires à 47 en 2019 ».

« Mme Buzyn a en outre promis de nommer un « délégué ministériel à la psychiatrie et la santé mentale » et de lancer une « mission sur l’évolution des centres médico-psychologiques (CMP) » pour favoriser la coopération entre l’hôpital et les professionnels de santé de proximité, comme les médecins généralistes ».

Une mission sur l’évolution des centres médico-psychologiques… Vous avez bien lu !

Gilets Jaunes et vanité

confiance-mediasLe sous-titre : Les conséquences d’un trop-plein d’intelligence et de subtilité

Un article du blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine :

« Ainsi certains mots, sans atteindre toujours la subtilité prisée dans les hautes sphères, ont le mérite de ne pas réclamer d’explications »

A méditer… un péché d’orgueil qui peut toucher des hautes sphères autres que celles de la politique

De l’enfant roi à l’enfant tyran

Revue de presseUn article du Monde « Face aux enfants tyrans, des parents en détresse se forment à la non violence » met un coup de projecteur sur une réalité de plus en plus palpable, celle de parents soumis à la tyrannie de leur enfant et sur une initiative originale de la part de collègues pédopsychiatres du CHU de Montpellier : « Au CHU de Montpellier, un programme inspiré de Gandhi aide pères et mères à désamorcer les comportements agressifs de leur enfant ».

Ceux d’entre nous qui exercent au sein d’un hôpital peuvent en témoigner. Combien d’admission aux urgences chez des adolescents, voire de beaucoup plus jeunes enfants pour des accès de violence, des « crises clastiques » (un terme très tendance) suite à une frustration parfois minime !

« Il (ou elle, les garçons n’ayant pas le monopole des passages à l’acte violents)

  • a dévasté sa chambre…
  • nous a frappé…
  • nous a menacé avec un couteau…
  • … »

(rayer les mentions inutiles)

Ces troubles ne s’inscrivent pas systématiquement dans un cadre nosographique précis et ne surviennent pas obligatoirement dans des milieux défavorisés ni dans un contexte de négligence affective et de carence éducative. Points communs, l’intolérance à la frustration, l’impulsivité, l’aversion au délai… et des parents qui se retrouvent fort démunis, n’ayant souvent d’autre recours que d’appeler les pompiers, la police ou les gendarmes, ce qui ne désamorce pas forcément la violence de ces jeunes… J’ai le souvenir d’une jeune fille adressée au service des Urgences de l’hôpital de Villefranche sur Saône qui avait « dévasté » le bureau d’un gendarme alors qu’elle se trouvait en garde à vue… c’est dire si rien ne peut arrêter certains d’entre eux !

Quant aux professionnels de la santé que nous sommes, nous pouvons certes répondre à l’urgence avec des traitements, voire des mesures d’isolement ou de contention, mais il ne s’agit que d’une réponse immédiate, temporaire et qui ne résout en rien le problème de fond…

Protection de l’enfance: urgence!

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dans le prolongement de la Tribune des Juges des enfants du Tribunal de Bobigny

Communiqué 8 décembre 2018 – Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux

Le SPH et sa société scientifique la SIP appellent à des mesures d’urgence pour la protection de l’enfance. Ils s’associent au cri d’alarme que les services de protection de l’enfance et les Juges des Enfants ont lancé, notamment lors de la Journée internationale des droits de l’enfant sur la dégradation des moyens et dispositifs de protection.
La protection de l’enfance concerne un nombre croissant d’enfants, près de 300 000 en France selon l’Observatoire National de Protection de l’Enfance, parmi lesquels 48,3% bénéficient de mesures de placement.
Le SPH et la SIP rappellent que les données épidémiologiques et scientifiques internationales montrent l’impact majeur que les maltraitances, et en tout premier lieu les négligences et les carences graves, ont sur le développement de l’enfant. Ces conséquences sont d’autant plus graves et durables qu’elles surviennent tôt dans la vie de l’enfant : la prévention précoce, le repérage le plus tôt possible des troubles secondaires et les interventions concertées sont donc primordiales pour la santé physique et psychique. Ces actions demandent formation et soutien des équipes, et une articulation entre les différents intervenants pour assurer la continuité des projets de vie, en associant les familles et le plus possible, les enfants.
Les pédopsychiatres travaillent depuis de nombreuses années en partenariat avec les institutions pour tenter de répondre aux besoins de ces enfants. Ils jouent un rôle dans la prévention, ils participent fortement à la formation des professionnels et à la mise en place des outils d’évaluation pour une meilleure orientation des enfants, et contribuent au suivi des décisions.
Les pédopsychiatres des hôpitaux partagent les préoccupations des professionnels partenaires pour la santé et la santé mentale des enfants suivis en protection de l’enfance : afin de répondre aux besoins tels qu’ils ont été définis dans le rapport du Dr Martin-Blachais sur les besoins fondamentaux de l’enfant en protection de l’enfance, des moyens humains, stables, qualifiés et diversifiés pour intervenir aux différentes étapes du parcours de vie de l’enfant sont indispensables.
Assurer ces moyens est une urgence pour l’avenir de ces enfants et un enjeu de société.

 

La psychiatrie publique agent de renseignements du Ministère de l’Intérieur

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Communiqué du 6 décembre 2018

Les États généraux Psy sur la radicalisation, 37e mesure du Plan National de Prévention de la Radicalisation, organisés du 7 au 10 novembre à Paris, ont permis à la préfecture du Val-de-Marne de présenter un dispositif subtilement dénommé «expérience de territorialisation de la prévention ».

Avant cette présentation officielle, un courrier avait été adressé par cette préfecture aux directeurs d’hôpitaux et présidents de commission médicale d’établissement (PCME) du département en présentant ce dispositif comme le moyen de « Mettre en place un échange d’information sur les individus radicalisés identifiés comme pris en charge par un secteur psychiatrique du département ».

Lorsqu’un dispositif de maintien de l’ordre affiche qu’il s’appuie sur un échange d’informations entre services de soins et services rattachés au Ministère de l’Intérieur, il y a lieu de s’inquiéter de la place attribuée à la psychiatrie publique. Et lorsqu’il est présenté lors d’un évènement de portée nationale aux côtés d’un directeur d’ARS, il faut craindre que cette initiative départementale inspire tout le territoire.

Si le Conseil National de l’Ordre des Médecins a trouvé nécessaire en janvier 2017 de produire un document pour aider les médecins sur la question du secret professionnel face aux situations présumées de risque terroriste (https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/cnom_risque_terroriste_et_secret_professionnel_du_medecin.pdf), c’est que des pressions s’exercent sur les médecins. Ce document rappelle que pour prévenir un crime ou un délit, le Code pénal s’applique aussi aux médecins (articles 223-6 et 226-14) sans qu’il ne soit nécessaire de les y pousser par un dispositif particulier. Le code de la santé publique (article R.4127-4) et le code de déontologie déterminent aussi que « le secret qui s’impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi », « couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris».

Dans le cas de la psychiatrie, les pressions sont nourries d’amalgames entre psychiatrie et terrorisme comme le montre une autre mesure de ce même plan national de prévention de la radicalisation, avec le fichier Hopsyweb du décret du 23 mai 2018 qui fiche toute personne hospitalisée sans consentement.

Ce dispositif préfectoral envisage de faire du président de la CME et d’un professionnel désigné par la direction de l’hôpital, un binôme référent de cet échange d’informations, par des réunions ou des transmissions de fiches. Outre le fait que le représentant élu de la communauté médicale se trouve ainsi poussé à trahir plusieurs principes de sa profession et articles du code pénal, les secteurs psychiatriques, et avec eux leurs personnels soignants, se trouvent dangereusement investis par la préfecture d’un rôle d’auxiliaires du Ministère de l’Intérieur, chargés en outre d’un poids incertain en matière de responsabilité légale : selon le courrier adressé aux PCME et directeurs, l’échange attendu d’informations ambitionne en effet d’« enrichir leur stratégie de prise en charge » et de « tenter de provoquer une consultation » grâce à « une démarche proactive de la part du CMP ». Et ce au moment même où le secteur souffre d’un désintérêt des services du ministère de la santé, aussi bien comme entité d’organisation des soins par les réformes sanitaires successives, que pour les moyens qui lui sont attribués pour assurer les soins psychiatriques généraux.

Le SPH dénonce toute démarche insidieuse de mainmise du ministère de l’Intérieur sur la psychiatrie, qui renforce la stigmatisation sans distinction de toutes les personnes souffrant de troubles mentaux et complique l’accès aux soins. Ce dispositif de communications entre préfecture et services de soins, sans filtre et hors cadre légal, constituerait un préalable dangereux pour officialiser l’instrumentalisation sécuritaire de la psychiatrie.